Publié par : eric verdeil | juin 21, 2010

Discussion sur l’exposé de Cécile Féré

La discussion aborde d’abord (Philippe Chaudoir) les catégories présentées dans le tableau de la diapo n° du précédent billet (adaptation, optimisation et fait le lien avec le diptyque atténuation/adaptation).
Ensuite Eric Verdeil propose une réflexion sur Autolib Paris et Autolib Lyon du point de vue de la prise en compte de l’enjeu de la mobilité des travailleurs peu qualifiés.
Puis la discussion porte, à plusieurs, sur les PDE/PDIE et les motivations des entreprises, ainsi que sur la prise en compte de ce type d’initiative par les opérateurs de transports (Kéolis).
La discussion porte enfin sur la manière dont la mise en place du T4 à Lyon a transformé les comportements de mobilité des usagers.
Réécouter la discusion:

Voici le support de présentation de l’intervention de Cécile Féré, le 11/6/2010 à l’IUL

On peut écouter sa présentation:

La présentation orale de Franck peut être écoutée ici.

Elle s’est appuyée sur la présentation visuelle reprise de :
La prise en compte des inégalités socio-spatiales dans les politiques de mobilité : vers de nouvelles catégories de pensée et d’action ? Sonia Chardonnel (PACTE), Florence Paulhiac Scherrer (PACTE), Franck Scherrer (EVS), séminaire PREDIT 4 – du 6 – 9 avril 2010

Le projet Contributions des « éco-quartiers » à l’émergence d’un urbanisme durable : exemplarité et apprentissage, coordonné par Roelof Verhage et Florence Menez, vient de recevoir un financement favorable du Programme Interdisciplinaire de Recherches Ville et Environnement (PIRVE).

Roelof en a présenté, avec support powerpoint, les principaux objectifs dans une séance précédente de notre séminaire.
Résumé des objectifs

L’émergence et la réalisation d’écoquartiers montrent qu’un urbanisme plus durable est possible, à la fois d’un point de vue technique et d’un point de vue organisationnel. En même temps, les expériences actuelles connaissent des limites importantes : beaucoup concernent des opérations de constructions neuves en extension de la ville existante, et ils sont pratiquement tous réalisés dans des démarches « exceptionnelles », c’est-à-dire des démarches dans lesquelles une forte implication financière et organisationnelle de la collectivité ont permis de lever certains verrous, en particulier ceux liés à la disponibilité du foncier et l’offre de mobilité. L’enjeu actuel est d’aller au delà des démarches exceptionnelles pour identifier les mécanismes et les leviers permettant de passer à l’urbanisme « durable », conjuguant l’échelle du projet avec celle de la ville et/ou de l ‘agglomération.

L’intérêt majeur de notre projet de recherche est ainsi de comprendre et de mettre en évidence les articulations entre cette gouvernance de projet et cette gouvernance diffuse à l’échelle de l’agglomération. Comment sont réalisées les articulations et la diffusion des savoirs du projet d’aménagement vers la ville durable? A travers ces évolutions de gouvernance, quelles sont les mutations des pratiques professionnelles de ceux qui produisent la ville de demain? Quelles sont les scènes de négociations et d’action collective qui cherchent à généraliser la démarche particulière de l’écoquartier ?

Les expériences des écoquartiers sont considérées ici comme révélateurs de nouvelles pratiques. Leur analyse permet d’explorer les contours d’un urbanisme durable émergent du terrain. La traduction vers de nouvelles pratiques nécessitera des travaux supplémentaires, pour mieux cibler le rôle de l’échelon national voir Européen, pour prendre en compte les expériences à l’étranger dans un approche comparative, pour traduire les mécanismes observés en outils et procédures opérationnels.

Le projet portera sur les agglomérations de Lyon, Grenoble, Nantes, Reims et il associe les chercheurs et institutions suivantes:

Coordination :

–        Roelof VERHAGE (coordinateur), Institut d’Urbanisme de Lyon – Université Lyon 2, UMR 5600 Environnement, Ville, Société. Référent pour le territoire de Lyon.

–        Ingénieur de Recherche (à embaucher), Institut d’Urbanisme de Lyon – Université Lyon 2, UMR 5600 Environnement, Ville ; Société.

–        Florence Menez, Chef de projet au pôle national EcoQuartiers, CETE de Lyon.

Partenaires universitaires :

–        Emanuelle LORENZI, Institut d’Aménagement du Territoire, de l’Environnement et de l’Urbanisme de Reims, Université de Reims, référente pour le territoire de Reims.

–        Stéphane SADOUX, Ecole National Supérieure d’Architecture de Grenoble, Cultures Constructives, UMR PACTE, référent pour le territoire de Grenoble.

–        Pierre BELLI RIZ, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, Cultures Constructives.

–        Laurent DEVISME, Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nantes, LAUA, référent pour le territoire de Nantes

–        Pierre-Arnaud Barthel, Université de Nantes, Cestan – UMR ESO

–        Marc Dumont, Université de Rennes 2, LAUA

–        Laurence ROCHER, Institut d’Urbanisme de Lyon – Université Lyon 2, UMR 5600 Environnement, Ville, Société.

Partenaires autres :

–        Nantes Métropole – Laurent COMELIAU, Vincent MORANDEAU

–        Ville de Grenoble – Perrine FLOURET et Julie GAUTHIER

–        Reims Métropole – Eric CITERNE

–        Communauté Urbaine du Grand Lyon – Béatrice COUTURIER : en attente de confirmation

–        CETE de l’Ouest – Juliette MAITRE, Nathalie RACINEUX

–        CETE de Lyon – Christophe FRADIER

Pour aller plus loin, fichier de présentation à télécharger : PIRVE proposition def-projet-simplifié.

Communication présentée par Laurence Rocher lors du Colloque de l’APERAU « Les nouvelles orientations de l’urbanisme et de l’aménagement :résurgence du scientisme ou nouveaux modèles ? », Brest, 6-7 mai 2010

Publié par : eric verdeil | juin 1, 2010

Discussion autour de l’exposé de Laurence Rocher

Voici l’enregistrement de la discussion autour de l’exposé de Laurence Rocher, le 5 avril 2010, intitulé : Le changement climatique, objet d’action publique locale (à écouter là), le 2 avril 2010 à Lyon, Institut d’urbanisme

Bientôt une synthèse de la discussion…

Voici la présentation de Laurence Rocher, le 5/4/2010

et l’enregistrement de son exposé:

Résumé (basé sur le Power Point ci dessous et complété grâce aux notes prises par C. Féré : Merci ;-))

On peut aussi écouter la présentation :

La thématique du développement durable (DD) commence à être très utilisée mais sa traduction concrète est néanmoins difficile à saisir dans les pays du Sud de la Méditerranée. Thème imposée par les bailleurs de fonds à travers les conditionnalités de l’aide, thème également saisi par certains acteurs, il apparaît comme un nouveau référentiel potentiel de l’action publique, avec de nouveaux objectifs d’action, de nouveaux instruments et mécanismes (comme le marché des droits carbone). Pour autant, la nouvelle transversalité de l’action publique qu’il est censé impulser reste difficile à constater. De plus quels sont ses effets à l’échelle urbaine, lorsqu’on parle donc de développement urbain durable (DUD) ?

Un premier bilan des travaux sur le DUD

Une série de nouveaux travaux de recherche aborde cette question, comme le récent colloque organisé par Pierre-Arnaud Barthel et Lamia Zaki à Hammamet. Durant ces séances ont été notamment été analysé différentes expériences liées à la thématique du DUD, tels que des réalisations d’écoquartiers, de nouveaux modes de planification urbaine ou l’impact du DUD sur les politiques urbaines dans les quartiers informels. Les premiers résultats montre le rôle moteurs des acteurs privés, notamment dans des réalisations pilotes dans certains grands projets d’aménagement, à travers les thèmes du greening (végétalisation) mais aussi l’introduction de nouvelles technologies de protection de l’environnement (recyclage des eaux usées)à ou d’efficacité énergétique.

D’autre part, on observe que l’injonction du DUD résulte de la conjonction de directives des autorités étatiques appuyées par les bailleurs de fonds, à travers des projets exemplaires voire des changements législatifs.

Enfin on doit constater le caractère épi-phénoménal de la plupart de ces réalisations.

Au total, la configuration dans lequel se mettent en place des quelques initiatives apparaît comme le schéma inverse de ce qu’on observe en Europe à travers les travaux de Cyria Emelianoff, où le rôle des mobilisations collectives locales et des initiatives des pionniers locaux jouent un rôle d’impulsion qui est donnée par les acteurs centraux et extérieurs.

Questions de recherches

Ces premiers résultats me conduisent à formuler quelques questions de recherche. Je met en question, en particulier, le U du DUD. Dans quelle mesure l’urbain constitue t il une bonne échelle d’observation? Les politiques urbaines classiques (aménagement et urbanisme, écoquartiers, planification, projet urbain) sont-ils des objets pertinents d’investigation pour saisir la manière dont la thématique du D(U)D modifie l’action publique? D’autres thématiques et politiques peuvent être étudiées avec profit, comme la gestion des services urbains. De même, l’échelle urbaine est-elle, dans l’état actuel, une échelle pertinente d’observation du D(U)D. Il me semble que la question de la territorialisation du D(U)D est un enjeu de la recherche, et il serait peut être imprudent de la poser comme résolu à priori. A quel niveau le DD est-il négocié et éventuellement stabilisé ? Quels acteurs, ancrés dans quels échelons, participent-ils à cette négociation?

Réformes des services urbains en réseau et DUD

A partir de là, je propose une sorte de relecture de mes travaux récents sur les services urbains et les questions énergétiques pour aborder le DUD.

Services urbains au Liban et DUD

La recherche menée en commun avec Franck Scherrer et Cécile Féré sur la territorialisation de la gestion de l’eau et de l’électricité au Liban (Flux n°75 2009) offre plusieurs entrées sur la problématique du DUD. Non seulement en considérant que cette territorialisation est un enjeu central de ces réformes, mais aussi par ce qu’elle nous a montré sur le développement de nouvelles organisations qui questionnent la mise en place du DUD, les services « décentralisés » au sens donné à ce terme dans le n° de Flux sur le développement urbain durable. Le premier exemple, détaillé par C. Féré dans son mémoire de Master, concerne les SPANC (Service public d’assainissement non collectif), initiative proposée par la coopération décentralisée du Grand Lyon pour les communes rurales non reliés au réseau d’assainissement centralisé (voir un résumé ici). Cette proposition a été largement rejetée. Le deuxième exemple concerne les générateurs d’électricité. Ces mini-réseaux qu’on peut classer comme POPS (petits opérateurs privés de service) sont l’expression des initiatives populaires pour pallier les défaillances du service public standard mais pose de nombreux problèmes environnementaux et sociaux. Les municipalités libanaises s’efforcent, en ordre dispersé, de s’attaquer à cette question (voir les travaux à ce sujet de Pauline Gabillet).

Ces deux exemples, qu’il faudrait creuser, montrent comment des thématiques relevant du DUD deviennent des enjeux de politiques publiques, où s’articulent questions environnementales, questions sociales, rapports complexes entre l’Etat, opérateurs sectoriels en réforme et acteurs locaux officiels (municipalités) ou non.

La gestion publique de l’eau potable en Tunisie et la question du hors-réseau

Dans un pays marqué par l’aridité, la collecte des eaux de pluie apparaît comme un enjeu en termes de DUD (article avec Ali Bennasr). Pourtant, la Tunisie qui a développé une gestion publique de l’EP assez remarquable en comparaison de situations similaires, ne semble guère s’en préoccuper. Le réseau comme idéal technique mais aussi comme puissant instrument de régulation sociale et politique, rend inaudible la question du hors-réseau.

La transition énergétique et le DUD

Ce nouveau volet de mes recherches offre d’autres angles d’approches du DUD. A travers les exemples libanais et jordanien (ici), j’ai souligné que la rationalité de la transition énergétique (diversification vers le gaz naturel, secondairement les renouvelables et à terme pour la Jordanie, le nucléaire) repose dans ces pays principalement sur des logiques géopolitiques et budgétaires, et guère environnementale.

En termes de territorialisation, deux tendances se dégagent (cas de la Jordanie):

  • les instances municipales sont marginalisées ou contournées par rapport aux opérateurs sectoriels et/ou centraux.
  • On observe l’avènement d’une gouvernance territoriale néolibérale, combinant délégation vers des acteurs privés de l’aménagement lié à la mise en oeuvre du D(U)D et contrôle par le centre.

Le passage au gaz naturel me semble offrir un lieu très instructif d’examen des conséquences socio-spatiales de la transition énergétique. L’introduction du gaz de ville, occasion de vendre des droits carbone, représente en même temps un profond bouleversement des conditions d’accès à l’énergie pour les ménages et les entreprises, et occasionnent des jeux d’acteurs complexes, qu’illustre fort bien un très intéressant exemple égyptien, à lire ici

Conclusion: pistes de recherche

En conclusion, voici quelques pistes pour interroger le DUD au sud de la Méditerranée.

  • En termes d’entrée vers cette question, il paraît utile de combiner l’analyse d’objets clairement « urbains » (écoquartiers, etc.) et celle d’objets au statut moins attendu comme les services en réseau.
  • Dans tous les cas, l’enjeu de la territorialisation de l’action publique est central pour aborder la mise en oeuvre du D(U)D. Comment les transformations d’ordre technique (par exemple décentralisation dans la production électrique, ou l’eau) s’articulent-elles avec les rescalings qui caractérisent la gestion de ces services et d’autre part, la gouvernance locale?
  • Une troisième entrée concerne les effets de redistribution sociale et territoriale par les services urbains. Qui sont socialement et spatialement les gagnants de la mise en œuvre de ces nouveaux dispositifs respectueux de l’environnement.
  • Un dernier point a trait a l’articulation entre les rationalités techniques et professionnelles et les nouvelles technologies et cultures techniques qui poussent vers le D(U)D?

On trouvera ci-dessous l’enregistrement de la discussion sur la présentation de Roelof Verhage le 12/2/2010 (podcast à télécharger ici):

Voici un compte-rendu un peu décousu de la discussion.

  • Eric Verdeil souligne un premier apport de la présentation qui est d’offrir une double grille de lecture. Les critères du concours Ecoquartiers organisé par le MEDAD constituent des éléments concrets de caractérisation des écoquartiers. Mais en outre RV propose un cadre d’analyse élaboré pour aborder la manière dont les écoquartiers sortent du domaine de l’exemplaire pour devenir une pratique plus commune.
  • Cette approche pose une question d’échelle d’analyse: elle est ici limitée au passage du quartier modèle à la ville où l’expérience peut se répliquer, avec une sorte d’unité de lieu. Mais ce faisant, elle omet une autre dimension essentielle de la circulation-diffusion de ce type d’expérience: le fait qu’elle repose sur des acteurs qui circulent d’un lieu à l’autre. Cela impliquerait un tout autre dispositif.
  • Pour Franck Scherrer, il faut bien poser cette distinction mais clairement choisir et approfondir l’orientation que RV propose qui est très originale. Sur l’autre aspect, il y a beaucoup de travaux (cf.par exemple Renaud Payre).
  • FS critique par contre le terme d’apprentissage, trop réduit: il faudrait aborder aussi la question de l’innovation. Dans le schéma p. 6 du diaporama, où placer la circulation internationale des acteurs? Est-ce que cela figure dans le contexte? constitue un nouvel enjeu? S’agit il de nouveaux acteurs? Il  serait souhaitable d’introduire plus de dynamique dans le schéma et en particulier d’identifier les tensions qui résultent de l’introduction de l’innovation, qui entraînent un apprentissage collectif.
  • La discussion sur ces remarques souligne que le schéma synthétise la théorie de la structuration de Giddens, et non pas justement la question posée, à sa voir le passage du projet exemplaire à son élargissement.
  • FS propose de se servir d’un travail d’Offner sur le génie urbain (Annales de la recherche urbaine), traitant de l’innovation locale héroïque. En un sens, cette question a déjà été traitée. Par exemple, se reporter aussi à l’expérience des villes nouvelles.
  • La discussion aborde alors la question de l’approche intégrée qui est considérée comme une dimension majeure des projets durables. Pour RV, cela renvoie finalement à une logique de ZAC, avec une forte coproduction public-privé. Or, il y a là une sorte de contradiction avec l’héritage très prégnant en France du réseau SCET et des SEM, qui pensent disposer déjà de toutes les compétences. Pourtant, la mise en œuvre ne se fait pas elle-même comme sur du papier à musique.
  • La discussion aborde aussi la question de la labellisation des écoquartiers. En effet, la région Rhône ALpes a mis en place une telle démarche, à l’inverse du MEEDAD. Pour un objet tel que les écoquartiers, où les normes évoluent très vite, il serait absurde de labelliser aujourd’hui. Cela n’aurait du sens qu’avec un regard rétrospectif, par exemple sur les quartiers construits dans les années 1930!
  • A travers le concours organisé par le MEEDAD, on assiste à la réinvention de l’action de l’Etat. Un Etat décomplexé émerge, qui se propose d’inventer la norme à partir des expériences urbaines. On retrouve la figure de l’Etat animateur.
  • Cécile Féré revient à la question de l’innovation, qu’elle aborde dans sa propre recherche sur les politiques de mobilités et sur la manière dont elles prennent en compte d’autres enjeux. La question n’est pas alors de savoir où joue l’innovation mais déjà où elle est?

Ce compte-rendu mérite d’être affiné et complété par les références mentionnées, en utilisant les commentaires mais aussi grâce au compte zotero evsiul créé pour cela.

Trouvez ci-dessous la présentation PowerPoint de Roelof Verhage:

Ci-dessous l’enregistrement audio de la présentation (36 minutes – le micro était hélas loin de Roelof qui a une voix légère!):

Le podcast est téléchargeable ici (mp3, 35 Mo):

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